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L'AMER ouvre une antenne à Montréal

La fin de l'année 2009 marque une étape importante pour la lutte contre le rire dans le monde francophone. L'AMER vient en effet d'ouvrir une nouvelle antenne dans la ville de Montréal (Québec, Canada). Celle-ci permettra à notre mouvement de récolter les témoignages de nos correspondants locaux et de faire avancer notre cause de l'autre côté de l'Atlantique.

Force est de constater que le Québec souffre d'un retard important dans le combat contre l'humour. Il s'y déroule par exemple de nombreux évènements destinés à encourager cette pratique à haut risque tels que le festival Juste pour rire ou le Grand Rire de Québec. Pire, ses habitants se targuent de disposer d'une École Nationale de l'Humour, ce qui à nos yeux est aussi absurde que de se vanter de posséder une école nationale de la drogue ou du meurtre.

Cette complaisance est due en grande partie à la faiblesse de l'élite politique donc les représentants les plus opportunistes n'hésitent pas à participer à des émissions télévisées spécialisées dans la dérision telles que Infoman ou 3600 secondes d'extase. La probité du premier ministre canadien Stephen Harper, que de mémoire d'homme on a jamais vu rire, parvient à peine à relever le niveau.

Certains évènements récents nous redonnent toutefois l'espoir de voir un jour le Québec totalement débarrassé du rire. L'indignation suscitée par l'humoriste Mike Ward pour avoir évoqué une affaire d'enlèvement d'enfant dans une blague contre le fisc ou par le Bye Bye 2008 qui caricaturait trop fidèlement la maladresse d'un populaire animateur de télévision ont montré que les habitants de la Belle Province n'étaient pas prêts à rire de tout.

Et ne pas rire de tout est la première étape vers ne rire de rien.

L'AMER annonce le Centre de désintoxication de l'humour

Il est plus que temps de rassurer les dizaines de membres qui nous écrivent chaque semaine en s'inquiétant du silence de l'AMER. En effet, l'absence de nouvelles sur ce site n'est aucunement le signe d'un étiolement de notre mouvement, mais la conséquence de notre investissement dans un projet totalement révolutionnaire qui nous accapare plus qu'à plein temps depuis janvier 2009 : la création du premier Centre de désintoxication de l'humour (CDH).

Conscient que le lobbying et l'information du grand public des ravages du rire ne constituent qu'un pan de la lutte contre ce fléau, nous avons en effet décidé de créer une structure qui permettra de venir concrètement en aide à ses victimes. Les trois premières missions qui incomberont aux CDH dans les années qui viennent seront les suivantes :

  • Accueillir les réunions de l'Assemblée des rieurs anonymes (ARA), groupe dont le but est d'aider les personnes qui rient à s'en sortir en suivant la méthode éprouvée des Alcooliques anonymes.
  • Organiser des stages intensifs de cinq à dix-huit semaines destinés à désintoxiquer les personnes les plus "accros" à l'humour.
  • Héberger le premier centre téléphonique "Humour info service" (0,15 euro/mn d'un poste fixe), qui répondra 24 heures sur 24 aux questions des personnes qui ne savent pas comment arrêter de rire ou qui souhaitent connaître les recours judiciaires si elles sont victimes de plaisanteries.

Ce projet n'est certes pour le moment qu'à l'état de plan, et il reste de nombreux détails à régler.

Nous devrons notamment choisir la localisation géographique de cette nouvelle structure. Il va de soi que nous avons exclu d'emblée Paris, dont les multiples salles de spectacle comique pullulant sous l'œil bienveillant de la municipalité ne constituent pas le cadre idéal pour les toxicomanes souhaitant s'arracher à l'emprise de l'humour. C'est pourquoi nous cherchons à nous implanter dans une ville moins propice au rire telles que Béziers, Limoges ou Évreux.

Pour animer cette structure inédite dans le monde, nous devrons également nous appuyer sur des intervenants absolument hostiles à l'humour sous toutes ses formes et sourds à toute argumentation visant à le défendre. C'est pourquoi nous souhaitons recruter au sein d'organisations ayant fait leurs preuves dans ce domaine comme l'AGRIF, la Licra ou Démocratie - Droits de l'homme.

Nous recherchons également des célébrités susceptibles de soutenir notre projet afin de lui donner une plus grande visibilité. Le premier nom qui nous est naturellement venu à l'esprit est bien entendu celui de l'humoriste défroqué Philippe Val, mais nous craignons que ses nouvelles fonctions à la tête de la radio d'État soit incompatibles avec le parrainage d'une association. Il nous faudra beaucoup de persévérance pour trouver une personnalité capable d'égaler ce parfait exemple de reniement de l'humour.

Il reste enfin la délicate question du financement. Dans le contexte actuel où le président de la République tente de faire interdire les poupées humoristiques à son effigie et où les secrétaires d'État intentent des procès pour une simple boutade, nous pensons obtenir une aide financière non négligeable de la part du gouvernement. Cette manne devrait d'ailleurs persister en cas de revers électoral puisqu'on observe la même tendance dans l'opposition.

Quelles que soient les embûches, nous sommes confiants qu'un projet tel que le Centre de désintoxication de l'humour est trop pertinent pour ne pas naître un jour. Conscient de la fébrilité dans laquelle cette nouvelle a dû plonger nos membres, nous posterons dans les semaines qui viennent divers articles décrivant plus en détails le fonctionnement prévu pour cette nouvelle structure.

Affaire Grégory Lemarchal : On n'injurie pas la voix d'un ange !

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La semaine dernière se déroulait à Lyon le procès en appel de l'humoriste Frédéric Martin, condamné en mars pour "injure en raison d'un handicap" envers le chanteur Grégory Lemarchal.

Le jeune homme, doté d'une voix sublime, d'une gentillesse incroyable et d'une mucoviscidose diagnostiquée à l'âge de vingt mois, avait porté plainte en 2006 contre le bouffon dont la simple pensée nous répugne, pour l'avoir désigné par le nom de sa maladie au lieu de son patronyme au cours d'un sketch télévisé. Le pitre avait ainsi déclaré : "Y en a eu des gagnants : Jenifer, Nolwenn, Elodie Fréger, mucoviscidose et l'amicale Magali !", faisant allusion à la victoire de Grégory à la quatrième saison de l'émission "Star Academy", apogée de sa carrière artistique avant son décès prématuré en 2007.

Cette saillie d'un goût plus que douteux a valu à Frédéric Martin d'être condamné en première instance à 2000 ou 3000 euros d'amende ou de dommages et intérêts selon les sources journalistiques, dont nous n'oserions mettre en doute la rigueur. Nous ne pouvons bien sûr que souhaiter que cette sanction sera augmentée en appel afin d'égaler, voire dépasser la raisonnable somme de 50 000 euros de dommages et intérêts réclamée par les parents de Grégory qui ont poursuivi l'action en justice de leur fils après son décès.

Outre le fait qu'elle illustre parfaitement le discours de l'AMER selon lequel il n'y a jamais d'humour sans victime, cette affaire montre que les humoristes sont prêts à tous les excès pour divertir et étendre leur public, y compris exploiter la douleur des personnes vivant les histoires les plus tragiques. Ce procédé est d'autant plus choquant que Grégory avait toujours été discret sur sa maladie, ceci afin d'être certain que les 80 % de vote qu'il a finalement obtenu à la Star Academy soient uniquement dûs à son talent et non à la compassion du public. Au delà de la "télévision nullissime" que le président du tribunal à vilipendé à juste tire, c'est bien la pertinence de diffuser dans notre pays des émissions comiques qu'il convient de questionner, puisque celles-ci mènent inexorablement à ce genre de dérive.

Nous aimerions qu'à l'avenir, France 2 prenne modèle sur TF1 dont l'engagement contre le rire et la mucoviscidose ne sont plus à démontrer. Bien qu'elle ait accidentellement révélé la maladie de Grégory au grand public, la première chaîne a en effet toujours résisté à la tentation de l'utiliser pour augmenter son audience ou ses revenus publicitaires, se contentant de quelques dignes hommages ne sombrant jamais dans le larmoiement. Gageons que c'est cette sobriété qui lui a permis de ne jamais être attaquée en justice par les parents de Gregory. Ces derniers ont d'ailleurs participé à l'une de ses émissions en hommage à leur fils durant laquelle on a pu voir les larmes leur monter aux yeux tandis que des artistes chantaient les louanges du disparu. Une atmosphère digne et décente située à des kilomètres des pantalonnades de France 2.

Le jugement en appel sera rendu le 8 octobre prochain. Souhaitons que Frédéric Martin saura tirer une leçon de la sentence qui s'annonce exemplaire, et qu'il se décidera enfin à quitter son rôle d'humoriste pour une profession plus utile à la société. L'armée de Terre manque par exemple cruellement d'effectifs.