Retour sur la publicité pour la sloche

À présent que les esprits se sont apaisés, il est plus que jamais pertinent de revenir sur les publicités de Couche-tard diffusées à la télévision au printemps dernier et célébrant les 10 ans de la sloche. Pour mémoire, ces annonces assouvissaient un désir aussi légitime qu'inavoué de nombreux québécois en mettant en scène des exécutions de clown. En voici deux exemples :

L'AMER ayant choisi comme logo un Auguste barré d'un symbole d'interdiction, cette campagne ne pouvait nous laisser indifférents. Le clown est en effet un des exemples les plus représentatifs de ce que nous combattons. Contrairement aux dangereux métiers de dompteur ou de trapéziste, il s'agit tout d'abord du seul rôle du cirque qui ne demande aucun talent particulier. Cela reste toutefois excusable comparé au fait que ce genre d'individu exploite honteusement le fléau du rire pour s'enrichir, profitant de l'anonymat que lui offre son déguisement pour traquer ses victimes jusque dans les CHSLD.

Nous félicitons par conséquent l'agence ayant réalisé ces annonces qui, une fois n'est pas coutume, ajoutent un message social au message promotionnel. Nous émettons néanmoins quelques réserves sur les méthodes radicales qu'elles suggèrent telles que le hachage ou le découpage. Une injection létale serait beaucoup plus humaine et ne devrait être réservée qu'aux clowns les plus extrémistes.

Nous sommes par ailleurs troublés par la réaction du lobby du rire qui s'est exprimé à travers la voix du clown Frederico Boris Iuliani. Ce dernier a en effet fustigé ces publicités en les qualifiant d'attaques de mauvais goût alors que les clowns sont les premiers à se mettre en scène dans des mésaventures traumatisantes, voire morbides.

Il serait certes naïf de notre part d'attendre la moindre logique de la part d'une profession dont les membres aiment terroriser les gens sous prétexte de vouloir les faire rire.