Bienvenue sur le site de l'AMER

Bienvenue sur le site de l'Association Mondiale pour l'Elimination du Rire. Notre mission est de combattre l'humour sous toutes ses formes afin de débarrasser définitivement l'humanité de ce fléau.

Victoire des anti-humours contre la bière québécoise Boris

Un groupe d'internautes conscientisés a réussi à obtenir que la brasserie Licorne Québec retire un message d'un goût extrêmement douteux qu'elle avait publié sur la page Facebook de sa bière "Boris". Après de nombreuses discussions au sein de l'association, nous avons décidé de le reproduire ici dans un but de vous fournir une information complète. Nous invitons toutefois les personnes sensibles ou ayant déjà bu de l'alcool à arrêter immédiatement la lecture de cet article, tant cette phrase pourrait avoir des conséquences désastreuses pour eux.

La phrase en question était la suivante (il est encore temps d'arrêter votre lecture) :

"L'alcool tue lentement... mais on s'en fout parce qu'on est pas pressés!"

Il est absolument inconcevable qu'en 2011, des entreprises qui brassent des millions puissent avoir l'inconscience de publier ce genre de message qui est un cas net de propos inapproprié. Celui-ci est à classer au même niveau que les actes racistes ou nazis, contre lesquels se battent bon nombre de valeureuses associations, avec l'effet secondaire et salutaire de réduire chaque jour la zone d'influence de l'humour. Il est également ahurissant que des complices défendent Boris au motif que ce texte ait été écrit par l'humoriste Georges Courteline, ce qui à nos yeux est une circonstance aggravante.

Nous sommes fiers des internautes qui ont obtenu le retrait de cette odieuse maxime, dont la publication aurait sans conteste plongé à très court terme des millions de personnes dans les affres de l'alcoolisme. Il est pour nous extrêmement rassurant de constater qu'il existe des utilisateurs du web qui, au lieu de rester dans leur bulle et s'échanger des vidéos "rigolotes", préfèrent se consacrer à la priorité principale de notre civilisation que représente l'éradication du rire.

Nous invitons par ailleurs ces valeureux combattants à ne pas relâcher la pression et à rejoindre la lutte de l'AMER pour éradiquer toutes les oeuvres humoristiques de la planète. Il est aberrant que, sous prétexte qu'ils sont des classiques, on tolère encore aujourd'hui des auteurs comme Courteline, Molière ou Yvon Deschamps, et il convient de chasser au plus vite leurs oeuvres de nos écoles, nos bibliothèques et nos scènes de théâtre.

Retour sur la publicité pour la sloche

À présent que les esprits se sont apaisés, il est plus que jamais pertinent de revenir sur les publicités de Couche-tard diffusées à la télévision au printemps dernier et célébrant les 10 ans de la sloche. Pour mémoire, ces annonces assouvissaient un désir aussi légitime qu'inavoué de nombreux québécois en mettant en scène des exécutions de clown. En voici deux exemples :

L'AMER ayant choisi comme logo un Auguste barré d'un symbole d'interdiction, cette campagne ne pouvait nous laisser indifférents. Le clown est en effet un des exemples les plus représentatifs de ce que nous combattons. Contrairement aux dangereux métiers de dompteur ou de trapéziste, il s'agit tout d'abord du seul rôle du cirque qui ne demande aucun talent particulier. Cela reste toutefois excusable comparé au fait que ce genre d'individu exploite honteusement le fléau du rire pour s'enrichir, profitant de l'anonymat que lui offre son déguisement pour traquer ses victimes jusque dans les CHSLD.

Nous félicitons par conséquent l'agence ayant réalisé ces annonces qui, une fois n'est pas coutume, ajoutent un message social au message promotionnel. Nous émettons néanmoins quelques réserves sur les méthodes radicales qu'elles suggèrent telles que le hachage ou le découpage. Une injection létale serait beaucoup plus humaine et ne devrait être réservée qu'aux clowns les plus extrémistes.

Nous sommes par ailleurs troublés par la réaction du lobby du rire qui s'est exprimé à travers la voix du clown Frederico Boris Iuliani. Ce dernier a en effet fustigé ces publicités en les qualifiant d'attaques de mauvais goût alors que les clowns sont les premiers à se mettre en scène dans des mésaventures traumatisantes, voire morbides.

Il serait certes naïf de notre part d'attendre la moindre logique de la part d'une profession dont les membres aiment terroriser les gens sous prétexte de vouloir les faire rire.

L'AMER ouvre une antenne à Montréal

La fin de l'année 2009 marque une étape importante pour la lutte contre le rire dans le monde francophone. L'AMER vient en effet d'ouvrir une nouvelle antenne dans la ville de Montréal (Québec, Canada). Celle-ci permettra à notre mouvement de récolter les témoignages de nos correspondants locaux et de faire avancer notre cause de l'autre côté de l'Atlantique.

Force est de constater que le Québec souffre d'un retard important dans le combat contre l'humour. Il s'y déroule par exemple de nombreux évènements destinés à encourager cette pratique à haut risque tels que le festival Juste pour rire ou le Grand Rire de Québec. Pire, ses habitants se targuent de disposer d'une École Nationale de l'Humour, ce qui à nos yeux est aussi absurde que de se vanter de posséder une école nationale de la drogue ou du meurtre.

Cette complaisance est due en grande partie à la faiblesse de l'élite politique donc les représentants les plus opportunistes n'hésitent pas à participer à des émissions télévisées spécialisées dans la dérision telles que Infoman ou 3600 secondes d'extase. La probité du premier ministre canadien Stephen Harper, que de mémoire d'homme on a jamais vu rire, parvient à peine à relever le niveau.

Certains évènements récents nous redonnent toutefois l'espoir de voir un jour le Québec totalement débarrassé du rire. L'indignation suscitée par l'humoriste Mike Ward pour avoir évoqué une affaire d'enlèvement d'enfant dans une blague contre le fisc ou par le Bye Bye 2008 qui caricaturait trop fidèlement la maladresse d'un populaire animateur de télévision ont montré que les habitants de la Belle Province n'étaient pas prêts à rire de tout.

Et ne pas rire de tout est la première étape vers ne rire de rien.

Le cas Dieudonné

Les interlocuteurs de l'AMER nous demandent souvent pourquoi nous ne prenons pas position contre les nombreuses provocations de l'humoriste Dieudonné.

La première raison est que nous craignons que l'hostilité que ce personnage reçoit des médias et même de ses propres confrères cache une effroyable imposture visant à faire croire au public qu'il existe un bon et un mauvais rire.

Alors que l'idée que l'humour est un fléau en soi fait son chemin dans l'opinion depuis quelques années, notamment grâce aux actions de l'AMER, il n'est pas étonnant que le lobby comique soit de plus en plus enclin à dénoncer de prétendus excès au sein même de ses membres. Il s'agit en effet de la seule stratégie qu'il ait trouvé pour enrayer son inexorable déclin. En pointant les abus, la mafia de l'humour souhaiterait maintenir l'idée qu'il resterait acceptable de rire dans certaines limites, ce que nous réfutons énergiquement.

La seconde raison de notre silence est que nous ne souhaitons pas servir de caution aux nombreux élus locaux qui ont tenté ou tentent d'interdire les spectacles de Dieudonné. Outre le clin d'oeil démagogique qui nous est adressé et dont nos adhérents ne sont pas dupes, nous savons que cette attitude est avant tout destinée à cacher le manque de compétences et de volonté dont ils font preuve pour gérer l'invasion de l'humour sur leur territoire qui pose de vrais problèmes de salubrité publique à leurs administrés.

Enfin, bien que nous désapprouvions la carrière d'humoriste qu'a initialement choisie Dieudonné, nous avons constaté que ce dernier fait jour après jour des efforts pour abandonner son vice et retrouver les valeurs saines du premier degré. Pour s'en apercevoir, il suffit d'observer l'évolution de ses sketches qui ressemblent de plus en plus à des règlements de compte ou à des meetings politiques qu'à des shows humoristiques.

Notons par ailleurs que celui-ci a prouvé qu'il pouvait lui-même être totalement dénué d'humour en portant plainte contre le producteur Pascal Bernheim qui l'avait ironiquement qualifié de "nègre" au cours d'une émission de télévision suisse. Un signe très positif, puisque refuser la réciprocité de l'humour est un premier pas vers la désintoxication.

Nous sommes persuadés que s'il continue sur cette bonne voie, Dieudonné aura bientôt complètement abandonné sa carrière d'humoriste pour se consacrer pleinement à celle d'homme politique qui semble l'épanouir bien davantage. Ce revirement total d'un pilier de l'humour vers son antithèse sera pour nous une fantastique nouvelle.

L'AMER annonce le Centre de désintoxication de l'humour

Il est plus que temps de rassurer les dizaines de membres qui nous écrivent chaque semaine en s'inquiétant du silence de l'AMER. En effet, l'absence de nouvelles sur ce site n'est aucunement le signe d'un étiolement de notre mouvement, mais la conséquence de notre investissement dans un projet totalement révolutionnaire qui nous accapare plus qu'à plein temps depuis janvier 2009 : la création du premier Centre de désintoxication de l'humour (CDH).

Conscient que le lobbying et l'information du grand public des ravages du rire ne constituent qu'un pan de la lutte contre ce fléau, nous avons en effet décidé de créer une structure qui permettra de venir concrètement en aide à ses victimes. Les trois premières missions qui incomberont aux CDH dans les années qui viennent seront les suivantes :

  • Accueillir les réunions de l'Assemblée des rieurs anonymes (ARA), groupe dont le but est d'aider les personnes qui rient à s'en sortir en suivant la méthode éprouvée des Alcooliques anonymes.
  • Organiser des stages intensifs de cinq à dix-huit semaines destinés à désintoxiquer les personnes les plus "accros" à l'humour.
  • Héberger le premier centre téléphonique "Humour info service" (0,15 euro/mn d'un poste fixe), qui répondra 24 heures sur 24 aux questions des personnes qui ne savent pas comment arrêter de rire ou qui souhaitent connaître les recours judiciaires si elles sont victimes de plaisanteries.

Ce projet n'est certes pour le moment qu'à l'état de plan, et il reste de nombreux détails à régler.

Nous devrons notamment choisir la localisation géographique de cette nouvelle structure. Il va de soi que nous avons exclu d'emblée Paris, dont les multiples salles de spectacle comique pullulant sous l'œil bienveillant de la municipalité ne constituent pas le cadre idéal pour les toxicomanes souhaitant s'arracher à l'emprise de l'humour. C'est pourquoi nous cherchons à nous implanter dans une ville moins propice au rire telles que Béziers, Limoges ou Évreux.

Pour animer cette structure inédite dans le monde, nous devrons également nous appuyer sur des intervenants absolument hostiles à l'humour sous toutes ses formes et sourds à toute argumentation visant à le défendre. C'est pourquoi nous souhaitons recruter au sein d'organisations ayant fait leurs preuves dans ce domaine comme l'AGRIF, la Licra ou Démocratie - Droits de l'homme.

Nous recherchons également des célébrités susceptibles de soutenir notre projet afin de lui donner une plus grande visibilité. Le premier nom qui nous est naturellement venu à l'esprit est bien entendu celui de l'humoriste défroqué Philippe Val, mais nous craignons que ses nouvelles fonctions à la tête de la radio d'État soit incompatibles avec le parrainage d'une association. Il nous faudra beaucoup de persévérance pour trouver une personnalité capable d'égaler ce parfait exemple de reniement de l'humour.

Il reste enfin la délicate question du financement. Dans le contexte actuel où le président de la République tente de faire interdire les poupées humoristiques à son effigie et où les secrétaires d'État intentent des procès pour une simple boutade, nous pensons obtenir une aide financière non négligeable de la part du gouvernement. Cette manne devrait d'ailleurs persister en cas de revers électoral puisqu'on observe la même tendance dans l'opposition.

Quelles que soient les embûches, nous sommes confiants qu'un projet tel que le Centre de désintoxication de l'humour est trop pertinent pour ne pas naître un jour. Conscient de la fébrilité dans laquelle cette nouvelle a dû plonger nos membres, nous posterons dans les semaines qui viennent divers articles décrivant plus en détails le fonctionnement prévu pour cette nouvelle structure.

Arthur ne fréquente pas les sex shops.

L'animateur et producteur de télévision Arthur a réussi a obtenir que soit retournée une scène du film belge Dikkenek qui porte gravement atteinte à sa dignité. Au cours de cette dernière, on retrouve en effet dans un sex shop un portefeuille contenant une carte d'identité avec la photo de l'animateur, insinuant de manière tout à fait scandaleuse que ce dernier puisse vouloir introduire de la fantaisie dans ses rapports intimes.

Tourner ainsi en dérision ce pilier du PAF se révèle particulièrement bas lorsque l'on sait qu'à l'instar de prêtres défroqués de la gaudriole tels que Philippe Val ou Cabu, Arthur a depuis longtemps remisé son masque de clown pour se consacrer à des activités beaucoup plus nobles. Jadis réputé pour son émission de radio matinale dans laquelle il demandait à ses auditrices de simuler des cris d'orgasme diffusés en direct, il s'est en effet rattrapé depuis en devenant vice-président de la société Endemol France (spécialisée dans la production d'émissions anthropologiques en circuit fermé telles que Loft Story ou La Ferme des Célébrités), ou en soutenant Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, homme intègre chez qui il serait particulièrement malhonnête de déceler la moindre trace d'humour.

On ne peut pas en dire autant du comédien Alain Chabat qui a proposé que la photo d'Arthur soit remplacée par la sienne dans la nouvelle scène qui sera tournée. Bien que nous soyons particulièrement tristes qu'il se trouve encore des gens pour résister à la marche inéluctable de l'Histoire vers l'éradication du rire, nous ne sommes nullement surpris par cette offre. Depuis toujours, Alain Chabat a en effet prouvé son immaturité en se raccrochant désespérément aux valeurs désuètes de l'humour dans une société qui ne s'y prête définitivement plus. Nous ne doutons pas un instant que grâce aux efforts combinés de l'AMER, des politiciens et des médias, les positions de tels individus soient de plus en plus difficiles à tenir.

"On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui", une citation bien mal comprise

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Il ne se passe quasiment pas une semaine sans qu'un comique ne subisse à juste titre les foudres des médias et du grand public pour avoir pris pour cible une minorité rejetée ou une personnalité frappée par un drame intime et douloureux. Craignant qu'on leur intente un procès en sorcellerie pour manque d'humour, caractéristique que nous sommes apparemment les seuls à considérer comme une qualité, de nombreuses personnes qui s'émeuvent légitimement de ces débordements préfèrent malheureusement modérer leurs propos en citant la fameuse phrase de Pierre Desproges : "On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui."

La plupart des gens qui utilisent cet aphorisme facile souhaitent généralement signifier que l'on peut tourner n'importe quel sujet en dérision, à condition de ne pas s'en prendre nommément à un individu ou à une communauté qui risquerait d'en être blessée. Ils commettent malheureusement de ce fait une grossière erreur d'interprétation. Il suffit en effet de se référer à la version originale de cette phrase prononcée par Pierre Desproges lors d'un réquisitoire du "Tribunal des flagrants délires" pour constater que ses motivations étaient fort différentes :

Alors le rire, parlons-en et parlons-en aujourd'hui, alors que notre invité est Jean-Marie Le Pen. Car la présence de Monsieur Le Pen en ces lieux voués le plus souvent à la gaudriole para-judiciaire pose problème. Les questions qui me hantent, avec un H comme dans Halimi sont celles-ci :

Premièrement, peut-on rire de tout ?

Deuxièmement, peut-on rire avec tout le monde ?

À la première question, je répondrai oui sans hésiter, et je répondrai même oui, sans les avoir consultés, pour mes coreligionnaires en subversions radiophoniques, Luis Rego et Claude Villers.

S'il est vrai que l'humour est la politesse du désespoir, s'il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors, oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. [...]

Deuxième question : peut-on rire avec tout le monde ?

C'est dur… Personnellement, il m'arrive de renâcler à l'idée d'inciter mes zygomatiques à la tétanisation crispée. C'est quelquefois au-dessus de mes forces, dans certains environnements humains : la compagnie d'un stalinien pratiquant me met rarement en joie. Près d'un terroriste hystérique, je pouffe à peine et, la présence, à mes côtés, d'un militant d'extrême droite assombrit couramment la jovialité monacale de cette mine réjouie dont je déplore en passant, mesdames et messieurs les jurés, de vous imposer quotidiennement la présence inopportune au-dessus de la robe austère de la justice sous laquelle je ne vous raconte pas.

À la lecture de ces quelques lignes, il ne fait aucun doute que le seul message de Pierre Desproges était qu'il avait des difficultés à rire en compagnie de personnes dont il jugeait les idées trop extrémistes. Seul un ignorant ou un fieffé hypocrite pourrait prétendre que ce texte témoigne du moindre désir de ménager les victimes du lobby pro-humour qui se sentent chaque jour atteintes dans leur intégrité physique et morale par les nombreuses plaisanteries douteuses distillées par les médias et le show business.

Les derniers sceptiques qui persistent à utiliser hors de son contexte ce qui est manifestement la seule phrase qu'ils connaissent de Pierre Desproges feraient bien de consulter l'oeuvre de ce pitre dans les bibliothèques qui le tolèrent encore. Il s'apercevront ainsi que durant toute sa carrière, ce dernier n'a jamais hésité à prendre comme sujet de plaisanterie des personnes et des groupes clairement identifiables parmi lesquels on pourrait citer en vrac les juifs, les coiffeurs, Tino Rossi, Jean-Edern Allier, Bernard-Henri Lévy, les handicapés, François Mitterrand, Rika Zaraï, les designers de mode, Konrad Lorenz, Jacques Mesrine, les étudiants en lettres, Léon Schwartzenberg, Charles De Gaulle, Michel Leeb, les footballeurs, Roland Barthes, les pangolins, les femmes, Jacques Séguéla, le maréchal Pétain, Dieu, Luis Rego, Jean-Paul Sartre, le groupe Indochine, Marguerite Duras, Charles Trenet, la famille Grimaldi, Jean-Marie Le Pen, Louis Mermaz, Francis Huster, Chantal Goya, les Provençaux, le mime Marceau, les noirs, Georges Marchais, Philippe Sollers, les jeunes, les retraités, les gens qui ferment le bouton du haut de leur polo, les animateurs de radio libre, les Arabes, Marcel Cerdan père et fils, Renaud, les communistes, Charles Pasqua, Himmler, Brigitte Bardot, Michel Droit, Isabelle Adjani, les chanteurs, les extra-terrestres, les enseignants, Karl Marx, Pierre et Marie Curie, les catholiques, Francis Lalanne, Pierre Mauroy, Patrick Poivre d'Arvor, les socialistes, Le Monde, Minute, Patrick Sabatier, Jean Giraudoux, les Belges, Aragon, Robert Badinter, les anciens combattants, les Soviétiques, Daniel Cohn-Bendit, Guy Lux, l'Académie française, Catherine de Médicis, Andreï Sakharov, les épiciers français, Raymond Barre, Paul Claudel, Georges Brassens, Pie XII, Le docteur Petiot et les résistants, sans oublier sa propre femme et ses propres enfants.

Utiliser une citation de Desproges pour poser les limites de l'humour alors que ce dernier les franchissait systématiquement en connaissance de cause s'avère particulièrement ironique, chose que nous ne pouvons évidemment pas tolérer. Nous souhaitons viscéralement que les personnes qui s'offusquent des dérapages des comiques se rendent compte que c'est le rire lui-même qu'ils combattent, et que l'on ne peut remporter un combat en diffusant les citations de ses propres adversaires.

La lutte contre l'humour mérite une bien meilleure figure emblématique que Pierre Desproges.

Affaire Grégory Lemarchal : La cours d'appel de Lyon fixe les limites de l'humour.

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En dépit de pressions tout à fait inadmissibles de la part du lobby pro-comique, la cour d'appel de Lyon a fait preuve d'un courage historique en confirmant le 8 octobre dernier la condamnation de Frédéric Martin pour insulte envers Grégory Lemarchal. Comme nous le mentionnions dans un précédent communiqué, l'animateur était poursuivi par les parents du chanteur défunt pour l'avoir désigné par le nom de sa maladie ("mucoviscidose") au lieu de son patronyme dans une émission de télévision. Il devra finalement leur verser 1000 euros d’amende, 2000 euros de dommages et intérêts et 2000 euros de frais d’avocat.

Cette nouvelle représente un véritable camouflet pour tous les pervers, vraisemblablement soudoyés par France 2, qui ont dénoncé ce procès sous prétexte de défendre la liberté d'expression. Alors que ces derniers prétendaient avec une mauvaise foi affligeante que "mucoviscidose" n'est pas une insulte en soi ou que cette plaisanterie dénonçait l'exploitation par TF1 de la maladie de Grégory à des fins d'audimat, le tribunal a en effet prouvé par sa décision que seule une innommable cruauté avait pu motiver son auteur.

Nous regrettons en revanche qu'il n'ait pas condamné Frédéric Martin à payer les 50 000 euros de dommages et intérêts réclamés par les parents de Grégory. Si on divise le total de 5 000 euros que l'humoriste devra débourser par la longueur du mot "mucoviscidose", on arrive en effet à la ridicule somme de 384,62 euros par lettre. Souscrire à la requête de la famille aurait porté le prix de chaque lettre à 4076,92 euros, ce qui est encore bien peu cher comparé à l'ignominie du propos incriminé.

Comme le dit justement l'avocate des plaignants Me Colette Chazelle dans Libération, cette condamnation garde toutefois un impact important puisqu'elle permet de "fixer des limites au droit à l’humour et à l’expression". Contrairement à une idée fort répandue, l'humour n'est effectivement pas une notion relative qui dépend de la perception et de l'histoire de chaque individu, mais un phénomène mesurable scientifiquement que la justice doit restreindre au maximum. Le peuple français ne disposant pas du recul nécessaire qui lui permettrait de rire d'une maladie sans pour autant rire du malade, il est primordial que l'État décide pour lui de ce qui relève de l'insulte ou de l'humour, le protégeant finalement de lui-même. En tant que partisans de la tolérance zéro dans ce domaine, nous ne pouvons qu'applaudir la victoire de Me Colette Chazelle qui fera peut-être qu'à l'avenir, on rira beaucoup moins en France. Nous prédisons par ailleurs une carrière prospère à l'avocate, puisque depuis la mort de Raymond Devos, il n'existe quasiment aucun humoriste qui n'égratigne de temps à autre une personnalité publique.

Alors que la majorité des gens sensés se réjouissent de l'issue de ce procès, il se trouve évidemment quelques humourophiles intégristes pour protester contre l'inévitable en expliquant que Coluche, Desproges ou d'autres fantaisistes n'auraient jamais pu faire carrière si la justice avait été aussi dure à leur époque. Ils n'ont manifestement pas compris que la marche vers un monde plus civilisé implique justement que ce genre d'"artiste" plaisantant avec des sujets aussi graves que la mort ou la misère n'ait plus jamais voix au chapitre. Le jour où les comiques français vivront perpétuellement dans la crainte d'être attaqués en justice dès qu'ils abordent un sujet tabou ou qu'ils critiquent une célébrité, il ne leur restera plus que les blagues carambar. Privé de son prétendu pouvoir d'exorcisation, qui n'est dans les faits que de la vulgaire subversion, l'humour disparaîtra de lui-même, permettant enfin à l'AMER de remplir sa mission d'éradication de l'humour, dans un premier temps au niveau national.

Affaire Grégory Lemarchal : On n'injurie pas la voix d'un ange !

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La semaine dernière se déroulait à Lyon le procès en appel de l'humoriste Frédéric Martin, condamné en mars pour "injure en raison d'un handicap" envers le chanteur Grégory Lemarchal.

Le jeune homme, doté d'une voix sublime, d'une gentillesse incroyable et d'une mucoviscidose diagnostiquée à l'âge de vingt mois, avait porté plainte en 2006 contre le bouffon dont la simple pensée nous répugne, pour l'avoir désigné par le nom de sa maladie au lieu de son patronyme au cours d'un sketch télévisé. Le pitre avait ainsi déclaré : "Y en a eu des gagnants : Jenifer, Nolwenn, Elodie Fréger, mucoviscidose et l'amicale Magali !", faisant allusion à la victoire de Grégory à la quatrième saison de l'émission "Star Academy", apogée de sa carrière artistique avant son décès prématuré en 2007.

Cette saillie d'un goût plus que douteux a valu à Frédéric Martin d'être condamné en première instance à 2000 ou 3000 euros d'amende ou de dommages et intérêts selon les sources journalistiques, dont nous n'oserions mettre en doute la rigueur. Nous ne pouvons bien sûr que souhaiter que cette sanction sera augmentée en appel afin d'égaler, voire dépasser la raisonnable somme de 50 000 euros de dommages et intérêts réclamée par les parents de Grégory qui ont poursuivi l'action en justice de leur fils après son décès.

Outre le fait qu'elle illustre parfaitement le discours de l'AMER selon lequel il n'y a jamais d'humour sans victime, cette affaire montre que les humoristes sont prêts à tous les excès pour divertir et étendre leur public, y compris exploiter la douleur des personnes vivant les histoires les plus tragiques. Ce procédé est d'autant plus choquant que Grégory avait toujours été discret sur sa maladie, ceci afin d'être certain que les 80 % de vote qu'il a finalement obtenu à la Star Academy soient uniquement dûs à son talent et non à la compassion du public. Au delà de la "télévision nullissime" que le président du tribunal à vilipendé à juste tire, c'est bien la pertinence de diffuser dans notre pays des émissions comiques qu'il convient de questionner, puisque celles-ci mènent inexorablement à ce genre de dérive.

Nous aimerions qu'à l'avenir, France 2 prenne modèle sur TF1 dont l'engagement contre le rire et la mucoviscidose ne sont plus à démontrer. Bien qu'elle ait accidentellement révélé la maladie de Grégory au grand public, la première chaîne a en effet toujours résisté à la tentation de l'utiliser pour augmenter son audience ou ses revenus publicitaires, se contentant de quelques dignes hommages ne sombrant jamais dans le larmoiement. Gageons que c'est cette sobriété qui lui a permis de ne jamais être attaquée en justice par les parents de Gregory. Ces derniers ont d'ailleurs participé à l'une de ses émissions en hommage à leur fils durant laquelle on a pu voir les larmes leur monter aux yeux tandis que des artistes chantaient les louanges du disparu. Une atmosphère digne et décente située à des kilomètres des pantalonnades de France 2.

Le jugement en appel sera rendu le 8 octobre prochain. Souhaitons que Frédéric Martin saura tirer une leçon de la sentence qui s'annonce exemplaire, et qu'il se décidera enfin à quitter son rôle d'humoriste pour une profession plus utile à la société. L'armée de Terre manque par exemple cruellement d'effectifs.